L'inégalité des chances en France

L’Éducation nationale dépense près de 50% de plus pour un lycéen parisien que pour un lycéen de Créteil. Ainsi selon l’OCDE, la France serait l’un des pays où le milieu social influe le plus sur le niveau scolaire.

Alors à quoi bon être un pays avec l’un des systèmes scolaires les plus reconnus au monde si l’on ne peut garantir la réussite de 30% de sa jeunesse ?

L’égalité des chances c’est fournir une égalité de droits et par conséquent des opportunités égales ainsi que des traitements égaux à chaque citoyen sans tenir compte d’une quelconque hiérarchie (de classe sociale, de genre etc.).

En France, le pacte républicain est censé garantir la liberté, l’égalité et la fraternité. En effet ce pacte stipule que « L'inégalité́ face à l'éducation est la première des injustices contre lesquelles il faut lutter ».

Néanmoins la réalité est que l’État peine à instaurer cette égalité au sein de son territoire.

 

Manque de moyens ou de volonté ?

 

L’éducation est pourtant un secteur largement rendu prioritaire par le gouvernement, et ce notamment depuis la vague d’attentats terroristes qui touchent le pays depuis 2015. Tout a été mis en place pour faire de l’école une vitrine des valeurs de la République ; et les nombreuses conférences récentes de Najat Vallaud-Belkacem (ex ministre de l’Éducation nationale) sur le thème de « l’égalité des chances dans le cadre scolaire » ne font que corroborer l’importance que semble accorder le pouvoir à cette problématique. Alors pourquoi ces inégalités persistent ?

Tout d’abord il faut savoir qu’il n’est pas chose aisée de faire face à ces inégalités, et les 160 milliards d’euros annuels dépensés dans l’Éducation nationale ne suffisent pas. Le problème, bien qu’étant notamment d’ordre financier, est aussi d’un tout autre ordre : Il est davantage systémique. Le manque de professeurs et le manque de formation de ceux déjà en poste pour faire face à l'hétérogénéité des élèves est un réel frein.

De plus, on observe en France une véritable ségrégation sociale qu’on retrouve dans le cadre scolaire et qui alourdit fortement le poids de ces inégalités. En effet, En France on concentre nettement plus les enfants défavorisés dans les écoles défavorisées. Or selon un rapport de l’OCDE, les élèves défavorisés scolarisés dans une école favorisée ont 78 points de plus que les mêmes élèves dans des écoles défavorisés. Ce qui signifie qu’ils étudient en moyenne 3 années de plus !

 

Les conséquences de ces inégalités

 

Comme évoqué précédemment, les premières conséquences se ressentent dans les études où l’origine sociale d’un individu influe fortement sur son niveau d’étude : 65 % des enfants de cadres ou de professions intermédiaires sont diplômés du supérieur contre 30 % des enfants d’ouvriers ou d’employés.

 

En plus d’être beaucoup moins enclins à réussir scolairement et professionnellement, ces jeunes grandissent de plus en plus avec un sentiment d’exclusion. Et si l’on ajoute à cela les nombreuses discriminations que la plupart, voire la totalité, d’entre eux subissent et subiront ; on se retrouve avec une jeunesse défavorisée totalement désœuvrée et marginalisée qui perd de plus en plus foi au système scolaire français et qui par conséquent s’inflige une sorte « d’auto-ségrégation sociale » en refusant de considérer la réussite scolaire comme une option pour eux.

 De ce fait les conséquences sont bien plus que scolaires, elles sont sociétales et on peut effectivement affirmer que l’inégalité des chances dans le cadre scolaire est en partie à l’origine des fractures internes dont la France.

Le projet P'tites Zaprèms

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