Les vertus du sport à l'école

Les 3x500m au lycée vous rappelle encore de mauvais souvenirs ? C’est peut-être ce qui vous a fait détester le sport à l’école… Pourtant, ce n’est qu’une partie infime de l’athlétisme et du sport en général. On dit souvent que le sport est essentiel pour mieux se sentir et qu’il aide à la concentration. L’éducation nationale a introduit le sport dès 1869 sous forme de « gymnastique » pour les écoles de garçons, avant de l’étendre au primaire et au secondaire pour les garçons et les filles dès 1880. De quatre heures en sixième à deux heures en terminale, le sport passe à trois heures en fin de collège. Dans tous les cas, les élèves peuvent tester différents sports et cela résulte parfois en la découverte d’une passion. C’est ainsi qu’un certain nombre de footballeurs se sont essayés au cross lors des compétitions UNSS et ont ensuite adopté l’athlétisme. L’UNSS (union nationale du sport scolaire) et l’UGSEL (union générale sportive de l’enseignement libre) permettent en effet aux enfants de pratiquer un ou plusieurs sports intensément sans passer par un club. Les entrainements varient d’une à deux fois par semaine et peuvent être accompagnés de compétitions pour les plus combatifs. Là encore, de nombreux talents se sont révélés. Le meusien Félix Bour est ainsi passé du football à l’athlétisme grâce aux compétions UNSS et possède aujourd’hui cinq titres de champion de France.

 

Pour d’autres sportifs de classe internationale, comme Kevin Mayer (recordman du monde du décathlon avec 9126 points), « le sport est quelque chose d’essentiel dans la société d’aujourd’hui », comme il l’explique à Brut fin 2018. Comment s’articule le sport à l’école ? Et pourquoi continue-t-on d’en faire pendant toute notre scolarité ?

Dès l’école primaire, l’EPS représente 3h30 de cours hebdomadaire, parfois plus selon les écoles. On trouve à cette discipline de nombreuses vertus telles que l’amélioration de la motricité et l’interaction sociale. En effet, à l’aide de parcours ou de courses de relais, les enfants développent leur coordination et prennent conscience de leur corps. Ceci est essentiel lorsqu’ils sont encore petits pour favoriser l’adaptation à leur nouveau corps au cours de l’adolescence.

Mais les effets positifs ne s’arrêtent pas là. Les sports collectifs tels que le football, le frisbee ou encore des jeux de rôles comme le « Poules, renards, vipères » permettent aux enfants d’interagir. Ils apprennent ainsi à communiquer avec d’autres enfants de leur âge, de différents milieux sociaux et également du sexe opposé. Cela leur permet de prendre confiance en eux en développant leurs capacités de communication et d’adaptation avec différents groupes ; avec leur famille, leurs professeurs, leurs amis ainsi que les autres enfants avec qui ils sont en contact. Le sport permettrait alors de former des individus plus sains d’esprit. Il permet de se découvrir soi-même, de toucher ses limites et d’améliorer son quotidien.

Enfin, il ne faut pas oublier un aspect majeur du sport : gommer certaines différences. En effet, les enfants ont tendance à dire ce qu’ils pensent sans le moindre filtre et ils remarqueront une infime différence chez l’un de leurs pairs. Ainsi, les enfants atteints de handicaps physiques ou moteurs se sentent souvent mal dans leur peau. Ce fut par exemple le cas de Christophe Lemaitre (médaillé de bronze du 200m aux jeux olympiques de Rio en 2016). Ayant un cheveu sur la langue, cela lui a valu de nombreuses moqueries à l’école primaire. En commençant l’athlétisme, il a réussi à s’affranchir de celles-ci car il n’y avait plus qu’une chose qui comptait : gagner. Le sport a donc cette vertu de changer les idées et de pouvoir s’évader en se concentrant sur le défi sportif, ne serait-ce que pendant deux heures. Le fait de vider sa tête permet alors de gagner en concentration et donc en efficacité.

On peut alors considérer l’EPS comme une matière aussi importante que le français ou les maths dans la mesure où elle a très largement sa place dans le projet pédagogique. La France a même créé des filières avec davantage de sport : les classes sport-études. Celles-ci permettent de s’entrainer quotidiennement en football, en rugby ou encore en athlétisme par exemple tout en allant au collège ou au lycée. Elles privilégient tout de même l’école au sport car le but n’est pas de devenir champion international (les pôles espoirs se chargent de ces athlètes), mais seulement de profiter des vertus du sport et de les incorporer au quotidien des élèves concernés. Ces derniers ont alors accès à de meilleures infrastructures sur place, ainsi qu’à une infirmerie comme c’est le cas au lycée Georges de La Tour à Nancy.

Bien que le nombre de pratiquants en club baisse au fur et à mesure qu’une classe d’âge avance dans sa scolarité, le sport reste obligatoire à l’école. Certains sportifs internationaux s’engagent dans la promotion du sport à l’école, qui prend une place toute particulière au lendemain de l’annonce de Paris comme ville accueillant les Jeux Olympiques en 2024. Il nous reste d’ailleurs encore beaucoup à apprendre d’autres pays, comme les Etats-Unis ou les pays nordiques qui promeuvent très largement le sport à l’école, mais aussi à l’université par l’intermédiaire de bourses. Le chemin vers une scolarité plus saine et sportive ne semble que commencer…

Les P'tits Athlètes

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