Le poumon de la planète toujours à feu et à sang

Un ouvrier observe le feu qui s'est propagé à la ferme sur laquelle il travaillait, dans le bassin amazonien au Brésil, le 23 août 2019. Source: The Atlantic

Alors que la plupart des médias ont déjà délaissé les faits, l’Amazonie continue de brûler, de répandre ses cendres et l’incendie, quant à lui, de grignoter le principal poumon de la planète. Il est bon de rappeler que l’Amazonie couvre 60% de la superficie du Brésil, accueille 18 millions d’habitants dont de nombreuses populations autochtones, et cela sans parler de la faune (à peu près 20% des espèces de la planète).

Cette année, les incendies et la déforestation ont provoqué la destruction de 9 762 Km², un triste record battu. On pourrait alors se demander quelles sont les actions locales à mener et quelles sont les mesures gouvernementales à prendre ; une question complexe pour l’heure. En effet, la politique de l’actuel président Brésilien, Jair Bolsonaro, incite les agriculteurs et les paysans à utiliser les espaces forestiers dans le but de développer l’économie agricole et minière du pays. Bolsonaro a également supprimé, rappelons-le, de nombreuses réglementations environnementales fixées par les gouvernements précédents ; il est donc plus difficile de protéger la forêt. C’est donc dans ce contexte que les agriculteurs incendient illégalement et plus ou moins officiellement les forêts. Pour preuve, le fait que l’augmentation des incendies est cette année 30% supérieure à l’année 2018 malgré le fait que la sécheresse n’est pas plus prononcée et que la plupart des incendies se situent sur les bords de route : 64 000 départs de feu depuis début 2019.

D’un autre côté, de nombreuses organisations telles que Greenpeace dénoncent ce fait et essayent de faire valoir, entre autre, la parole des populations locales indigènes.

La forêt amazonienne en proie aux flammes, 2019. Source Crimethlnc

Il faut comparer les départs de feu en 2019 avec les années précédentes car, selon l’Institut National de Recherche Spéciale du Brésil (INPE), il y a beaucoup moins de départs de feu aujourd’hui que durant les années 90-2000.

Nous sommes aujourd’hui à un point crucial de cet incendie puisque la communauté internationale a désigné un point de non retour, c’est-à-dire que si la déforestation atteint les 20% de la superficie totale de la forêt amazonienne, aucune solution ne serait envisageable pour enrayer le réchauffement planétaire. Aujourd’hui, déjà 17% de la superficie de la forêt à été détruite.

Pour aller plus loin, nous pouvons mesurer l’évolution de cet événement dramatique avec le rapport du GIEC qui révèle la nécessité d’une action urgente pour réussir à limiter le réchauffement planétaire à 1,5C° approuvé par 195 états. Officiellement aucune mesure ne semble pouvoir stopper le réchauffement et plus généralement l’inaction globale sur cet enjeu qui nous concerne tous.

La forêt amazonienne en proie aux flammes, 2019. Source Crimethlnc

Selon WWF, « 20% des émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines proviennent de la dégradation des forêts. Cette déforestation est à la fois une cause et une conséquence du changement climatique. »


Cette association tente de protéger les espaces forestiers dans 4 régions : la Guyane, la Nouvelle Calédonie, le Bassin du Congo et l’Europe. De plus, elle soutient les différents acteurs qui prennent des engagements d’approvisionnement responsable, sans déforestation, et incitent de nouveaux acteurs à les rejoindre. Elle accompagne également différents marchés en relation avec ces espaces forestiers tels que les marchés du bois, du papier et du caoutchouc naturel dans le but de les rendre durables et de promouvoir une approche intégrant ces forêts productives dans territoire écologique vivant.

Pour comprendre ce phénomène, la NASA a analysé les données des 20 dernières années. Ses conclusions sont sans appel : l'atmosphère au-dessus du poumon vert de la planète s'est considérablement asséchée, le rendant plus vulnérable aux incendies. L'auteure principale de l'étude, Armineh Barkhordarian, du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, explique que plus de la moitié de cette aridité est due à l'augmentation des gaz à effet de serre, tandis que le reste est causé par la déforestation. La fragilité de l'Amazonie est donc entièrement due aux activités humaines.

 

Une tentative de solution serait de rejoindre des organismes, financièrement ou humainement, qui actent et œuvrent tous les jours afin de mandater les gouvernements pour agir ou qui proposent des actions concrètes, près de chez nous ou ailleurs.

Sensi Jeunes

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