La pollution au Népal, un vrai fléau

Il y 50 ans le Népal n’accueillait qu’environ 5000 visiteurs par an. Aujourd’hui près de 300 000 touristes viennent visiter ce pays chaque année. Ils y sont attirés par ses nombreux monuments religieux, la beauté de ses paysages et ses treks, réputés dans le monde entier. Cependant le Népal est un pays pauvre et son infrastructure est insuffisante pour accueillir un tel afflux de personnes. Sa structure inadaptée engendre une énorme et mauvaise utilisation des ressources, et une surconsommation des énergies disponibles. Cela fait du Népal le septième pays plus pollué de la planète selon les données du Forum Économique Mondial.

 

En effet, Katmandou, sa capitale, avait en 2016 la quatrième plus mauvaise qualité d’air du monde. Enclavée entre de hautes montagnes, la ville souffre de sa localisation qui ne permet pas un bonne circulation des vents. L’air est prisonnier dans la vallée, ce qui empêche l’évacuation de la poussière soulevée par les nombreux travaux et par le flux de voitures qui se pressent dans ses rues. Il n’est ainsi pas rare de croiser des piétons portant un masque anti-pollution.

L’air pollué contient du charbon noir, une toxine qui absorbe beaucoup d’énergie solaire. Cet air voyage jusqu’en haut des montagnes et vient se déposer sur les glaciers qui vont absorber plus de rayons du soleil et qui ainsi fondent plus rapidement. De plus, l’air se réchauffe et change les cycles de précipitations, cycles sur lequel plus d’un milliard de personne dépend comme source primaire d’eau.

 

 

Cependant la pollution de s’arrête pas à l’air que les népalais respirent, elle touche également l’eau qu’ils boivent. L’eau du robinet (lorsque l’eau courante est installée) est rarement potable, même à Katmandou. L’eau des courants et des rivières est également polluée, la faute aux composants industriels toxiques rejetés par les usines et les déchets, notamment le plastique, rejetés par les hommes. Bien que l’air soit souvent plus respirable dans les régions rurales montagneuses du Népal, l’accès à l’eau potable est plus compliqué qu’en ville. En effet, beaucoup d’infrastructures de distribution d’eau ont souffert du séisme de 2015, et les sources d’eau sont aujourd’hui difficilement accessibles.

Malgré une importante aide apportée par la Banque Mondiale et la Banque Asiatique de Développement, le gouvernement n’a pas les moyens de reconstruire entièrement le pays. Aujourd’hui la réédification des structures vient pour une grande partie d’associations népalaises ou étrangères, et des institutions internationales.

 

 

Une importante part des touristes séjournant au Népal viennent tenter l’ascension du mont Everest, la plus haute montagne sur la planète. Le toit du monde a ainsi vu passé bon nombre de grimpeurs depuis sa première montée en 1953. En effet, plusieurs centaines d’expéditions sont menées chaque année avec des groupes pouvant aller jusqu’à 10 personnes. En saison, le camp de base de l’Himalaya côté népalais accueille 1500 résidents permanents. Cependant il n’existe aucune structure sur place pour gérer les déchets, qui s’accumulent. Chaque nouvelle personne apportant de nouveaux détritus, la montagne est aujourd’hui jonchée de déchets. Ce sont principalement des équipements usés (vieilles tentes, bouteilles d’oxygène vides), des excréments humains et les corps des grimpeurs morts lors de l’ascension, qui avec le froid ne se détériorent pas. L’Everest Summiteers Association estime qu’il y aurait aujourd’hui plus de dix tonnes de déchets encombrant la montée.

Plusieurs associations se mobilisent et organisent régulièrement de grandes vagues de nettoyage, mais les expéditions sont dangereuses et le nettoyage n’est donc que superficiel. Pour lutter contre cette pollution, une mesure a été mise en place en 2014 par le gouvernement népalais. Chaque grimpeur est requis de déposer une caution de 4000 dollars avant sa montée, celle-ci lui est reversée seulement s’il redescend huit kilos de déchets avec lui. Cependant cette mesure n’est pas appliquée systématiquement et l’Everest est devenue aujourd’hui la plus haute poubelle du monde.

 

Le Népal est ainsi un pays grandement pollué, que ce soit son air, son eau et même ses montagnes. Face à un gouvernement en manque de moyens, ce sont les associations qui prennent le relais et qui essaient tant bien que mal d’assainir le Népal. Cependant leurs actions sont concentrées et sélectives, et le pays a beaucoup d’autres problèmes comme son manque d’éducation, son taux de chômage et son extrême taux de pauvreté à résoudre, avant de se focaliser sur sa pollution.

Le Projet Népal

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