Selon Simone Weil, « L'enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l'âme humaine. C'est un des plus difficiles à définir. Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l'existence d'une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d'avenir. » C’est pourquoi nous allons montrer que le sexisme est un fait de société, un fait qu’Emile Durkheim pourrait qualifier de « normal » dans notre société. Pour Durkheim un « fait social normal » se caractérise par sa généralité et sa constance. Dès lors, il est « normal » d’observer du sexisme dans la société mais sa présence n’est pas normale ou morale.  C’est une construction enracinée dans chacun qui influence nos actions et nos façons de penser. C’est pourquoi le sexisme n’est pas toujours volontaire ou délibéré. Bien que de grands mouvements semblent déconstruire peu à peu cet enracinement, le rendant anormal, absurde et injuste, il reste encore beaucoup à faire.

Le sexisme : une bête polycéphale 

                   Le sexisme revêt de nombreuses formes. Les inégalités entre les femmes et les hommes, les discriminations de genre, le harcèlement ou les violences sexistes et sexuelles sont autant de facettes du sexisme que de problèmes ancrés dans nos sociétés. Il se traduit par une différence de comportement fondée sur le sexe. Le sexisme touche donc aussi bien les femmes que les hommes, mais les victimes en sont en majorité de sexe féminin : 81% des femmes disent avoir déjà été victimes d’harcèlement sexuel dans les lieux publics. 

             Il commence par des propos délibérément sexistes ou non. Puis, il passe par des actes sexistes comme des sifflements, des attouchements ou la poursuite d’une victime dans la rue. Le harcèlement affecte ainsi la santé mentale et psychologique des personnes agressées les poussant souvent à changer leurs comportements, changer d’itinéraire ou développer du stress par exemple. Mais ces changements peuvent être beaucoup plus fondamentaux comme changer de poste ou d’entreprise, changer d’école ou de cursus. Le sexisme est subtil et il n’est pas toujours évidant de le distinguer avec clarté. 

                   Aujourd’hui, le sexisme est courant, il est au travail, dans la rue, dans les espaces publics, dans les transports et dans les écoles. Mais il n’est pas toujours visible et peut se cacher dans la sphère familiale. Le sexisme n'est pas toujours identifié comme tel ou même conscient. Cette maladie de la société se caractérise par autant de symptômes qu’il n’y a d'individus. C'est en cela qu'elle est difficile à vaincre. Mais toute maladie a son remède qu'il soit connu ou à découvrir. 

 

Du fait social normal à la reconnaissance de l’anormal

               Dans les rues grenobloises le sexisme est tout aussi courant qu’ailleurs. Rentrer seule la nuit ou même en plein jour et accompagnée, est synonyme de crainte pour beaucoup de Grenobloises. Combien d’entre-elles ont déjà dû changer de trottoir, regarder derrière elles, marcher plus vite voire même courir pour se réfugier chez elles ? L’espace public n’est malheureusement pas synonyme de sécurité.

           Cependant, les lieux publics ne sont pas les seuls lieux infectés. Parce que le sexisme est enraciné dans notre société, ses racines s’étendent aux écoles de commerces. Parce que leurs étudiants sont issus de notre société et parce que leur intégration est mise en avant, elles sont un terrain fertile à sa propagation. Et parce que ces institutions sont responsables de leurs étudiants et peuvent agir, elles sont vectrices de nouvelles approches et accompagnent les initiatives étudiantes. La première étape consiste donc à reconnaitre que le sexisme est anormal.

           

Les actions de Grenoble Ecole de Management

               Les écoles de commerce ne sont naturellement pas exemptes de sexisme mais elles peuvent réagir. Elles peuvent prévenir, sensibiliser, mettre en place des dispositifs d'écoute, d’aide même de plaintes et de sanctions. La lutte contre le sexisme passe également par la pédagogie. Durant cette dernière décennie la majorité des écoles de commerces se sont dotés d’associations luttant contre le sexisme et promouvant l’égalité de genre comme le mouvement He for She présent dans plusieurs écoles de commerces. 

               Grenoble école de management ne prend pas non plus le rôle du témoin détournant le regard dans le tramway. Au contraire l'école s'engage par de multiples façons : 

           L’administration a mis en place une cellule d’alerte, une cellule d’écoute et d’accompagnement juridique et des outils pédagogiques pour mieux éduquer et accompagner. En effet, la sensibilisation et la formation sont les piliers de la lutte contre le sexisme en école de commerce. Il s’agit de savoir reconnaitre un acte sexiste, de le prévenir ou de le sanctionner mais aussi d’apprendre comment accompagner les victimes, les écouter et les aider. GEM dispense donc des formations pour les étudiants en parcours associatif et pour les professeurs.

              A GEM la chaire Femme et Renouveau Economique est engagée depuis 2016 à la lutte contre le sexisme. Avec un groupe d’étudiants de première année, la chaire développe tous les ans le Baromètre du sexisme. Il a pour objectif de mesurer comment les étudiants de l’école vivent le sexisme au sein de GEM comme dans les entreprises qui les accueillent ou chez eux.

           L’école de commerce Grenobloise compte aussi parmi ses initiatives étudiantes le Collectif Réagir qui a pour vocation de lutter contre le sexisme. Les actions du collectif s’inscrivent dans une logique tripartite. Dans un premier temps, il s’agit d’observer les phénomènes sexistes et en évaluer l’ampleur. Ensuite, l’association prend en charge la sensibilisation des étudiants et contribue aux initiatives de formation en collaborant avec l’école. Enfin, le Collectif Réagir informe les étudiants victimes ou témoins de violences sexistes sur l’attitude à adopter.

               Les étudiants sont aussi sollicités à mettre en œuvre des projets autour de cette thématique comme le Baromètre du sexisme évoqué plus haut mais aussi Leadership au féminin ayant pour objectif de promouvoir l’égalité en entreprise et Génération égalité sensibilisant les étudiants aux différences de salaire entre les femmes et les hommes.

               Les écoles de commerce ont longtemps été un terrain fertile pour le sexisme. Aujourd’hui il a diminué grâce aux initiatives étudiantes et aux efforts des écoles. Mais il reste encore trop présent, à GEM c’est presque 10% des étudiants qui disent avoir été victimes de sexisme en 2019 selon les résultats du Baromètre du sexisme.

              La fin du sexisme est synonyme d’égalité, une utopie ancrée jusqu’en dans les valeurs françaises. Sa complexité rend nécessaire l’utilisation d’une stratégie. Celle-ci passe par l’information, l’éducation et la formation mais aussi et surtout par la reconnaissance du problème entant que tel.

 

Dylan Marsault, rédacteur pour Savoir Oser la Solidarité

 

 

 

Infos pratiques :

Victime ou témoin de violences sexistes et/ou sexuelles dans le cadre des études à Grenoble Ecole de Management ?

 

Signalez-le : alert@grenoble-em.com

Une CARELINE est mise à disposition 24/7 proposant un accompagnement psychologique et juridique en cas de besoin : +33(0)1 75 00 49 03

Un numéro d’écoute national, d’information et d’orientation est également à votre disposition : 3919

 

Sources :

http://renouveau-economique-entrepreneuriat-feminin.fr/comment-combattre-le-sexisme-ordinaire-les-resultats-du-micro-trottoir-a-grenoble-ecole-de-management/

http://renouveau-economique-entrepreneuriat-feminin.fr/que-retenir-du-barometre-du-sexisme-gem-2020/#

http://renouveau-economique-entrepreneuriat-feminin.fr/lobservatoire-du-sexisme/

https://www.standup-international.com/fr/fr/

https://www.femmeactuelle.fr/actu/news-actu/harcelement-de-rue-la-regle-des-5d-une-methode-a-connaitre-pour-aider-une-victime-et-intervenir-en-toute-securite-2091301

http://renouveau-economique-entrepreneuriat-feminin.fr/harcelement-de-rue-comment-reagir/?fbclid=IwAR09fAyaxNjoaQhbRGwsQuoemjBeKASsLsADp2GpNzCVLgLmODRyA9mEaVk

http://renouveau-economique-entrepreneuriat-feminin.fr/billet-dhumeur-les-maux-des-mots-la-fin-du-sexisme-commence-par-le-choix-des-mots-que-nous-utilisons/?fbclid=IwAR39_d8Oqi7WnkTmJh8jedbOJkOhkux3FIxfLeOhIRi_ZbZcLR-Qlbzgfa0

http://renouveau-economique-entrepreneuriat-feminin.fr/presentation/

https://re-agir.wixsite.com/grenoble-em/post/sexisme-et-violences-sexuelles-o%C3%B9-en-est-l-enseignement-sup%C3%A9rieur

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