L’épidémie du VIH/Sida des années 1920 à nos jours :

Le VIH/Sida est une épidémie qui fait des ravages dans le monde entier, depuis sa déclaration dans les années 1970. Le VIH est le virus d’immunodéficience humaine, qui est responsable du Sida, stade ultime de la maladie en l’absence de traitement pour contrer le virus. Il se transmet par les sécrétions sexuelles et sanguines ainsi que de la mère à l’enfant. Il a pour conséquences de s’attaquer aux cellules du système immunitaire et de les détruire progressivement. Les patients voient donc leurs défenses immunitaires s’affaiblir ce qui les conduit à être atteints par des maladies dites opportunistes, qui, sans traitements, les mènent vers la mort. Mais quelle a été l’évolution de cette maladie depuis les années 1920, date de sa première propagation ?

 

  • La propagation du VIH/Sida en Afrique puis dans le monde entier (1920-1970)

 

Le point de départ du VIH se trouve dans une forêt au sud-est du Cameroun. Le virus était d’abord détenu par les singes de cette forêt, qui l’auraient ensuite transmis à un chasseur dans les années 1920. À son tour le chasseur aurait transmis ce virus aux autres individus de son village. Il aurait également voyagé jusqu’au Kinshasa, emmenant avec lui le virus, qui fera de cette région le berceau de l’épidémie. Le développement des échanges commerciaux et des transports, dont le chemin de fer, jusque dans les années 1950, ainsi que l’accroissement des mobilités ont alors contribué à la propagation de cette maladie dans toute l’Afrique subsaharienne. Également le travail migrant, le développement des activités de prostitution et la pratique d’injection de traitements contre diverses maladies avec des outils non stériles ont constitué les facteurs d’amplification de l’épidémie en Afrique.

 

La présence d’Haïtiens, venus travailler au Congo-Kinshasa dans les années 1960, explique que certains aient pu contracter le VIH, l’emporter avec eux en Haïti et le transmettre aux habitants de leur pays. L’intensité des migrations à partir de Haïti vers les États-Unis a donné lieu à une propagation du VIH/Sida sur le territoire étatsunien ainsi que sur l’intégralité du continent américain. À partir de là, du fait de l’importance des échanges entre les États-Unis et le reste du monde, le Sida se diffuse dans le monde entier et touche les pays d’Europe, d’Asie et bien d’autres encore. Ce virus mettra soixante ans à devenir épidémique. L’épidémie ne deviendra officielle qu’en 1981, où cinq patients homosexuels à Los Angeles sont reconnus être victimes du virus du VIH.

 

Pendant les années 1970-1980, le contexte est celui d’une libération sexuelle. Les découvertes scientifiques en matière de sexualité, l’invention de la pilule contraceptive, l’émancipation sexuelle de la femme et l’évolution des mœurs contribuent à forger cette époque de révolution sexuelle. Cela a pour conséquence que les individus se protègent très peu voire ne se protègent pas du tout pendant les rapports sexuels. En outre l’accès aux drogues est de plus en plus facilité en Occident, ce qui conduit de nombreux individus à avoir recours aux injections de toutes sortes, dans des conditions d’hygiène peu encadrées. C’est donc ce contexte qui a favorisé la propagation de l’épidémie du VIH.

  • Le début du combat pour faire face à l’épidémie du VIH/Sida (1980-2000)

 

Une véritable crise sanitaire se déclenche dès la reconnaissance de cette épidémie. Le milieu médical se sent démuni face à cette nouvelle maladie dont les conséquences sont dévastatrices et dont les possibilités de guérison demeurent presque inexistantes. Mais le pouvoir politique entreprend peu d’actions pour mieux cerner la maladie. En découle une forte stigmatisation des malades du Sida dans les années 1980. Par ailleurs cette maladie s’appelle à l’époque la maladie des quatre « H » : homosexuel, hémophile

, haïtien, héroïnomane, à savoir les principales catégories de personnes touchées par le VIH, au début de l’épidémie. Ainsi de nombreux individus, qui considèrent ne pas appartenir à ces catégories, ne se sentent pas concernés par le Sida. Stigmatisés et condamnés à mort par leur séropositivité, les malades du Sida se sentent abandonnés par le milieu médical qui ne sait pas réagir face à cette épidémie et par la société du fait du manque de structures pour les accompagner au quotidien.  

 

À la fin des années 1980, les malades réclament une prise de conscience de la société. L’éveil des consciences va s’opérer doucement grâce à des films traitant du Sida comme Philadelphia de Jonathan Demme. Le fait que de nombreuses personnalités mondialement connues soient atteintes du Sida va placer d’autant plus cette épidémie sur le devant de la scène. En effet ces personnalités, dont la mort causée par le Sida a grandement choqué l’opinion publique, vont être érigées comme symbole de la maladie. Elles permettront de sensibiliser encore plus la société à la cause du Sida. Parmi elles se trouvent le chanteur Freddie Mercury, l’artiste Keith Haring, le danseur Rudolf Noureev, le philosophe Michel Foucault, le réalisateur Jacques Demy, l’acteur Anthony Perkins… Le fait que ces célébrités dévoilent leur séropositivité au grand jour appuie les campagnes d’information et de lutte contre le Sida.

Après le décès de l’écrivain Hervé Guibert, en 1991, atteint du Sida et ayant lutté pour apporter plus de visibilité à cette épidémie, de nombreuses associations voient le jour pour améliorer la prise de conscience de la société face à cette maladie : des associations de prévention (Kiosque Info Sida) ou des associations qui alertent l’opinion publique (Act-up). Ces associations vont également décider de s’unir pour mieux combattre cette maladie lors d’une soirée télévisuelle : c’est le début du Sidaction.

 

Les gouvernements décident alors de mettre en place des mesures importantes afin de contrer cette épidémie. En 1986 la ministre de la santé française Michèle Barzach prend deux mesures primordiales : la vente libre de seringues pour limiter la contamination chez les toxicomanes et l'autorisation de la publicité sur le préservatif, seul moyen de prévention contre le sida. Ces mesures heurtent une partie de l'opinion mais elles seront tout de même adoptées. Le port du préservatif se démocratise, la prévention se structure et les consciences se réveillent. Mais l’année 1996 constituera une année charnière : les laboratoires américains mettent au point les trithérapies qui vont permettre aux malades du Sida de subsister, malgré leurs effets secondaires importants. En France de nombreux malades pourront en bénéficier rapidement, ce qui marquera un recul de l’épidémie.

 

  • Les avancées contemporaines face au virus (2000-2020)

 

Depuis les années 2000, la science ne cesse de progresser sur l’éradication du VIH. De nombreuses avancées ont été faites pour comprendre comment l’organisme réagit et se protège face au VIH. Le développement des trithérapies voire des tétrathérapies a permis d’améliorer le quotidien et le pronostic de nombreux patients. Des vaccins préventifs et thérapeutiques sont testés par les différents scientifiques pour tenter d’éradiquer définitivement le VIH. En 2018 un cas de guérison du VIH a été dévoilé, chez un patient atteint d’un cancer et ayant reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques. Ainsi la thérapie cellulaire est l’une des pistes envisagées pour entrevoir la possibilité de guérir totalement de l’infection. Des tests prometteurs, effectués par des chercheurs américains, ont pu également éliminer le Sida chez des souris. Cela constitue des perspectives optimistes pour éradiquer définitivement le Sida chez l’homme. Cependant les médicaments restent incapables de guérir totalement de l’infection.

 

Les structures prenant en charge les patients atteints de VIH ont également connu une amélioration ces dernières années. La Croix-Rouge française a en effet décidé de résoudre le problème des inégalités d’accès aux soins et aux traitements des malades dans le monde. L’association a mis en place des centres de traitement ambulatoire dans le monde, pour traiter les victimes du VIH. Une amélioration notable de la prise en charge psychosociale des personnes séropositives s’est également fait remarquer : soutien psychologique, aide financière et matérielle, soutien éducatif, conseil et soutien juridique, etc. Désormais ce n’est plus seulement le patient qui est pris en charge mais aussi sa famille et son entourage, qui nécessitent aussi d’être accompagnés. En outre le coût d’accès aux soins, permettant d’atténuer le VIH chez les malades, a été réduit, afin d’endiguer les inégalités d’accès aux traitements. Néanmoins la prise en charge des malades issus des milieux défavorisés ou de pays peu développés nécessite d’être améliorée.

 

En effet les pays dits « du Sud » demeurent moins bien armés que les pays développés face à l’épidémie du VIH/Sida. Ceux-ci ne disposent pas des structures médicales et associatives suffisantes pour soigner les individus séropositifs. Les actions de prévention sur les comportements à risques, qui conduisent à contracter le VIH, sont encore peu développées auprès des populations de ces pays. Également les pays émergents et en voie de développement ne disposent pas d’un budget suffisant pour se procurer tous les traitements et outils nécessaires à l’atténuation du VIH/Sida chez les patients. Même si ces pays ont pris conscience de l’enjeu sanitaire, social et économique représenté par cette épidémie, ceux-ci connaissent des difficultés pour réduire le VIH/Sida au maximum au sein de leurs populations.

 

Le projet Événements Solidaires

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